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9 juin 2012 6 09 /06 /juin /2012 11:41

 

lui se voit immense

et si petit

ne compte pas

l’influence

fait peur

effraie

dégoûte

se démène dix balles en poche

 

lui gaspille ses cartouches

boit ce qu’il peut

boit la nuit du jour

pour calmer

la marque de fabrique

escomptée au comptoir

du doute

 

mais qui se promène

sur le mur blanc du plafond

moucheté

de chiures de mouches

la ville bat

son sang jouit

et ses deux fleuves

filent droit

vers la mer antique

 

 

Paris, mars 2011

 

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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 18:26

compte les jours

les semaines

les ans

lui veut partir

pour renaître

enfin au jour

 

triste naïveté

adolescente

partie triste

au coeur du veule

 

lui continue

mais sait la déroute

attend

attend encore

ne profite pas

de la lumière

qui faiblit

n’oublie pas

qu’il ne vit que pour lui

au lieu de croire

vivre

pour quoi

 

lui alors se malmène

enfourne tous les chevaux

crevés

depuis des verstes

des lustres

s’essuie les doigts

sur des peaux mortes

et enfile les vêtements

trop grands

pour digérer une histoire

qui hante le sommeil

du bourgeois

 

Paris, mars 2011

 

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 18:45

 

et les années aidant

choisit la stratégie du soldat

lui se fond dans la masse

dans l’école du nivellement

appartenir à la même classe

ne pas rayer le vent qui passe

ni laisser ne serait-ce

une seule trace

 

lui comprend

même lentement

comprend ce qui ne se comprend pas

dans le meurtre de l’enfance

de l’immédiat

de la soif

du ventre et de l’éclat

lui se vide

lentement

et cela ne se voit pas

 

 

Paris, mars 2011

 

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7 juin 2012 4 07 /06 /juin /2012 18:40

Moi-je

 

à Françoise Lalot

 

« une étoile dans la neige

et au ciel venant du tas de neige

une étoile ! »

Aïgui, Festivités d’hiver

 

Je vis dans les marges, au large de la phrase.

Je vis comme seuls savent vivre ceux qui sont traversés par la nuit.

Je vis en autodidacte, irréprochable, dans l’ombre de quelques maîtres cependant.

Certains sont morts, d’autres sont vivants.

Je vis pour apprendre, et l’écriture naturellement m’est venue.

 

Je vis pour respirer l’air frais du petit matin.

Je vis sans faire d’histoire, parmi tant d’autres, de la tombée du jour jusqu’à l’aube.

Je vis et je ris dans la nuit, mais aucune voix n’a jamais su dire pourquoi.

Je vis dans l’intensité du désir et du poème.

Je vis en gardant le cœur nu.

Vivre est ma plus haute récompense.

 

Je vis entre les haies dans l’herbe coupée.

Je vis dans l’exubérance de l’été.

Je vis et j’habite le monde en poète parce que la poésie ne meurt jamais.

Je vis avec ceux que la mort fait luire.

 

Je vis et je répands la neige autour de moi, ou sur les pages tendues vers la nuit de mon livre béant.

Je vis et je peins le glissement detout ce qui est en nous.

Je vis là-bas, au loin, pour dire encore la maison dont je fus dès l’enfance séparé.

Je vis portes et fenêtres ouvertes, je vis table, chaises, tapis et même chemins sous la pluie.

 

Je vis dans les arbres par une nuit d’inachèvement.

Je vis aussi dans la France de l’An II où j’ai déjà risqué plusieurs fois la guillotine.

Je vis d’une voix ferme et profonde.

Je vis et je croise des milliers d’intrigants.

 

Je vis en subissant, de plein fouet, tous les outrages faits à la nature, à la vertu et à la raison.

Je vis l’espoir que nourrit toute transformation radicale de la condition humaine.

Je vis avec une simple idée en tête.

Celle d’une plus grande visée accessible à l’espèce humaine.

 

Je vis pour ne plus croire aux mensonges.

Haut dans le ciel maintenant le soleil brille.

Les fleurs des champs me brûlent le regard et je ne veux plus m’arracher à leur contemplation.

J’arrête tout soudain pour fumer unecigarette.

 

[Saint-Fons,le 24 septembre 2009 ;

Saint-Julien-Molin-Molette,le 2 juin 2012]

 

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 18:56

 

la tempe tempête

tape les gencives

force les imbéciles

et les mots se brisent

dans l’écueil de la rive

sur le mur de la bouche

les mots se butent

sur le mur du son mou

 

lui se bloque

lui s’évite

se choque

de ne traduire

dans la langue de chaque jour

le prénom

du premier amour

 

lui cale

à fond de cachot

punition

autodafé

si le sang pouvait gicler

et effacer le pire

de ce que lui pense

au fond des larmes de sa cité

 

Paris, mars 2011

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 18:31

Des femmes à Caen les corps drus se désenclavent

un bourgeonnement vertigineux à deux pas

de la maison où naquit Malherbe et je hâve

tente de me régénérer à ces appâts

 


qu'il aurait dit le bougre qu'était pas esclave

des balcons profonds que je couche sur les pa-

ges de ce sans aveu livre que rien ne lave

pas même la perspective de mon trépas

 


j'en vois des rebondies montées sur des échasses

ces talons crève-cœurqui dégagent le train

arrière qu'on dirait autre paire de châsses

pour sûr ça finira par dénouer mes reins

 


passe un type mouvant sa roulante machine

et moi qui vais pleurant sur Françoise ou Machine

 

Laurent FOURCAUT

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 18:13

lui voudrait

mais ne peut pas

lui sait

mais n’entend pas

lui s’enferme

puis s’ouvre dans la mise au pas

 

paradoxe endogène

du cours de l’histoire

du ruisseau au bain de mer

la mer salée

avale et boit

 

lui veut sans vouloir

s’attarde sur le pont

a peur du vertige

qui l’attire

vers le fond

d’une aventure

qu’il devine

mais ne sait pas

 

lui s’attire les foudres

les chutes

les mauvais amis

les dingues

les insoumis

les fortes têtes

les allumés

 

lui caresse l’impossible

lui se mêle de tout

cherche le sens

fait volte face

se trahit

n’emporte jamais la pièce

se cache

 

lui serre

les poings

pour briser

os nuque jambes

puis tape au cœur de la folie du vide

 

Paris, mars 2011

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 18:24

 

lui soudain

affabule

crie

crie souvent

conchie

vitupère

lance des pierres

tend des pièges

où personne dedans

ne tombe jamais

 

lui s’échine

pourtant

à tout comprendre

mais n’en saisit pas

les multiples factures

des positions dominantes

mesure la distance

du pouce de l’index

à son sexe

et ce qu’il pense

alors

ce qu’il pense

répond à l’écho

d’une profonde tristesse

 

la culture du distinguo

 

lui confirme

qu’il vit mieux

au milieu

de tous ses livres

qui ne le contredisent point

qui l’accompagnent et pèsent

tout leur poids

dans le rayon des rêves

il faudra du temps

beaucoup de temps

pour ne pas rallier l’évidence

une vie ou plusieurs décennies

à écouter le fil des pages

et les mots qui baladent

les vagues naissantes

 

Paris, mars 2011

 

 

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 10:32

lui se voit comme un monstre famélique

fermant le monde dans le rugueux de ses pas

 

qui

s’exprime à côté

sur le côté des mots

la langue s’est bannie

tombée de la sorte

fait mal s’oublie

et le sens

le sens

des mots de la langue s’est perdu

il y a longtemps

 

mais lui

ne se voit pas

ne s’entend pas

n’imagine jamais

sa marque sur le monde

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 14:02

Jean-M. Platier

 

 

 

LUI,

moi

 

suivi de

 

PONT

 

et de

 

Codex

 

 

 

 

Nous ne sommes pas heureux, et le bonheur n’existe pas, nous ne pouvons que le désirer.

 

Les trois soeurs

 

Anton Tchekhov

 

 

lui

s’enfuit

dès le début

du commencement

s’alarme ainsi un peu

 

dans la vigueur toute masculine

 

pour apprendre au fil des pages peu à peu

les traces d’une vie à venir sinistre et sinueuse

c’est là la marque du départ comme une course rapide

où tout se joue comme on aime à se le dire depuis peu

 

 

lui ne veut dire

préfère écrire

lui fuit depuis la renaissance

et se laisse vivre

lui passe le temps comme il peut

lui s’arroge la charge qui bouscule

lui trépigne se ronge les doigts

brise les phalanges

garde rancune

raidit l’ombre béante

qui se risque à frémir

en toutes saisons et lieux

 

 

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