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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 21:34

Chemins de lecture

Les critiques de Lucien Wasselin

Lucien Wasselin est poète, auteur d’une douzaine de recueils, publiés notamment au Dé Bleu. Mais c’est aussi un infatigable critique qui a multiplié les collaborations, articles, notes critiques, chroniques et dossiers dans ses domaines de prédilection : poésie, littérature générale, arts plastiques, musiques... et pour de nombreux journaux et périodiques. Revue-texture a aussi le grand plaisir d’accueillir ses notes de lecture.

 

 

Jean-Michel Platier & Thierry Renard : « Crever la route »

C’est un livre écrit il y a une dizaine d’années et qui paraît en cette fin 2011 chez un nouvel éditeur, Les Cahiers de l’indocile, dont c’est la première publication. C’est un livre écrit à deux, par Jean-Michel Platier et Thierry Renard. Ces deux auteurs sont connus dans le petit monde de la poésie ; tous les deux écrivent des poèmes, le premier a par ailleurs créé les éditions Bérénice, le second a aussi été éditeur, il dirige aujourd’hui l’Espace Pandora à Vénissieux. C’est dire que les deux ont l’habitude de se confronter à des écritures autres, Thierry Renard a d’ailleurs publié en 2010 (Le Bruit des autres) « Un monde à l’envers » , écrit avec Ahmed Kalouaz...
« Crever la route » est un dialogue entre deux poètes : l’un écrit, l’autre répond et les mots s’enchaînent. Tous les deux sont animés par ce rêve toujours neuf de transformation du monde et se heurtent à une multitude d’obstacles. Benoît Guillemot écrit dans son avant-propos : « L’écriture ne peut pas être qu’introspection, elle est également là pour affûter ses armes, découvrir autrement la richesse de l’autre et la beauté du monde, combattre aussi l’adversité ». « Crever la route » conserve la trace de cette confrontation, de ces deux tendances de l’écriture poétique. Le lecteur averti pourra essayer de repérer qui a écrit quoi, mais ce jeu est vain tant le dialogue est abouti qui fait qu’on se perd dans l’origine des poèmes de ce recueil. Mais les deux voix sont audibles. D’ailleurs, pour mieux égarer le lecteur, le livre s’ouvre sur un Avertissement et se termine sur un Épilogue quasiment identiques. Ainsi l’Avertissement signale : « L’ouvrage, les "Champs magnétiques", de Philippe Soupault et André Breton, compte parmi les livres nécessaires qui continuent d’agiter les chapes de plomb du verbe et les couvercles de l’ennui » tandis que l’Epilogue proclame : « "Qui je suis" de Pier Paolo Pasolini, "Comment écrire des vers" de Vladimir Maïakovski, comptent parmi ces ouvrages utiles qui continuent d’agiter les chapes de plomb du verbe et les couvercles de l’ennui. » Ces nuances traduisent sans doute les sensibilités, les angles d’attaque différents des deux poètes mais peut-être également ce qui fait l’unité de « Crever la route » dans sa construction, dans la démarche des deux auteurs.
Nos livres sont des bombes ! s’écrient les deux poètes. S’il fallait citer quelques fragments d’un seul poème, ce serait : « Le pays ressemble à un coffre-fort […] / Le pays a vanté tous ses mensonges, a trouvé son extrême limite/ Le pays est calme et propre cependant. Mentalité d’huissier de notaire. […] / Le pays meurt à petit feu de n’être que ce qu’il a. » Oui, les poèmes peuvent être des bombes. Oui, la révolte est plus que jamais nécessaire. D’ailleurs, la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793 ne proclamait-elle pas, dans son article 35 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » « Crever la route » est un livre utile.

(Jean-Michel Platier & Thierry Renard, « Crever la route ». Illustrations de Roxane Maurer. Les Cahiers de l’indocile, 124 p, 10 €. L’ouvrage : 10 € plus 2 € pour le port).

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 17:53

 

Les vols d’étourneaux

Poursuivent

Plus loin leurs débats

Quand j’avance faucon à

Distance en sifflant la

Charge héroïque en cadence

De mes deux mains ils pensent

Quel drôle de coco

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 16:49

 

En détournant la force

Des forts

Vers celle des faibles

On revient à l’équilibre

Donné par la mort

Qui ne retient

Rien ni personne

Au précipice du tombeau

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 21:34

 

Un espace oublié

Pour un chemin de défaite

Une voie d’issues volées

Malmenées par l’oubli

Une route offerte

Aux souvenirs d’un monde

Devenu clos face aux embruns des enfers

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 17:49

 

L’écho répond

A la seconde

Sans poser de questions

Répète ton nom

Emporté vers l’autre mont

A la vitesse du non

D’une ou deux secondes

Ce monologue clair

Remplace la solitude impaire

 

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 18:54

 

Partout au fil des nuages une mèche

Se lève soudain part Chute et Dix de der

Et la manche remportée Fi les jérémiades

L’angélus perd sa voix dans le flux du Noroît

 

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8 février 2012 3 08 /02 /février /2012 21:41

 

Docile été

Faites des vœux

Nuitée d’une Saint Jean

Au prix du feu

La mémoire calcinée

Oubliée au soir présent

Avec pour divinité

D’énormes fesses-lune

Devant le soleil couchant

 

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 18:27

Mémé Gobet 

Elle était un peu dingue

Mémé

Névroses hallucinatoires

Avaient dit les docteurs

Elle entendait des voix

Avec qui tous les jours

Elle tenait de longues conversations

Alors quand çà lui prenait à mémé

Elle s’enfermait dans la cuisine

Et comme elle m’aimait bien

Elle me faisait entrer

De ce halot fantomatique

Effrayant et fascinant

Emergeaient les sifflements de son appareil auditif

Car en plus d’être dingue elle était sourde comme un pot

Ma mémé Gobet

Qui prenait au tabac de la Pyramide son billet de la loterie nationale

Avec l’espoir de nous offrir de la viande rouge tous les jours

Mémé sans le sou

La clope au bec

Qui  nous ramenait du marché des Minguettes des pochettes surprises

Et c’était noël le samedi matin

Une fois par mois

Dans cette enfance

Où l’on se cachait si bien

L’amour qu’on se portait

 

Claude GOBET, 7 février 2012

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 09:03

 

Ce chemin qui vacille

D’une traite vers la raison du cœur

Une boucle sans fin

Jusqu’au bout se termine

Comme un jour sans pain

Arc-bouté chose facile

On oublie tout n’oublie rien

 

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 08:39

 

Quant au marc de souffrance

Secouez-le

Afin qu’il sorte

Comme sortirait l’ignorance

Chevreau de lait

Nourri

Au seul beurre rance

Le soir à l’abri du bourreau

 

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