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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 18:56

 

la tempe tempête

tape les gencives

force les imbéciles

et les mots se brisent

dans l’écueil de la rive

sur le mur de la bouche

les mots se butent

sur le mur du son mou

 

lui se bloque

lui s’évite

se choque

de ne traduire

dans la langue de chaque jour

le prénom

du premier amour

 

lui cale

à fond de cachot

punition

autodafé

si le sang pouvait gicler

et effacer le pire

de ce que lui pense

au fond des larmes de sa cité

 

Paris, mars 2011

 

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5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 18:13

lui voudrait

mais ne peut pas

lui sait

mais n’entend pas

lui s’enferme

puis s’ouvre dans la mise au pas

 

paradoxe endogène

du cours de l’histoire

du ruisseau au bain de mer

la mer salée

avale et boit

 

lui veut sans vouloir

s’attarde sur le pont

a peur du vertige

qui l’attire

vers le fond

d’une aventure

qu’il devine

mais ne sait pas

 

lui s’attire les foudres

les chutes

les mauvais amis

les dingues

les insoumis

les fortes têtes

les allumés

 

lui caresse l’impossible

lui se mêle de tout

cherche le sens

fait volte face

se trahit

n’emporte jamais la pièce

se cache

 

lui serre

les poings

pour briser

os nuque jambes

puis tape au cœur de la folie du vide

 

Paris, mars 2011

 

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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 18:24

 

lui soudain

affabule

crie

crie souvent

conchie

vitupère

lance des pierres

tend des pièges

où personne dedans

ne tombe jamais

 

lui s’échine

pourtant

à tout comprendre

mais n’en saisit pas

les multiples factures

des positions dominantes

mesure la distance

du pouce de l’index

à son sexe

et ce qu’il pense

alors

ce qu’il pense

répond à l’écho

d’une profonde tristesse

 

la culture du distinguo

 

lui confirme

qu’il vit mieux

au milieu

de tous ses livres

qui ne le contredisent point

qui l’accompagnent et pèsent

tout leur poids

dans le rayon des rêves

il faudra du temps

beaucoup de temps

pour ne pas rallier l’évidence

une vie ou plusieurs décennies

à écouter le fil des pages

et les mots qui baladent

les vagues naissantes

 

Paris, mars 2011

 

 

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 10:32

lui se voit comme un monstre famélique

fermant le monde dans le rugueux de ses pas

 

qui

s’exprime à côté

sur le côté des mots

la langue s’est bannie

tombée de la sorte

fait mal s’oublie

et le sens

le sens

des mots de la langue s’est perdu

il y a longtemps

 

mais lui

ne se voit pas

ne s’entend pas

n’imagine jamais

sa marque sur le monde

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 14:02

Jean-M. Platier

 

 

 

LUI,

moi

 

suivi de

 

PONT

 

et de

 

Codex

 

 

 

 

Nous ne sommes pas heureux, et le bonheur n’existe pas, nous ne pouvons que le désirer.

 

Les trois soeurs

 

Anton Tchekhov

 

 

lui

s’enfuit

dès le début

du commencement

s’alarme ainsi un peu

 

dans la vigueur toute masculine

 

pour apprendre au fil des pages peu à peu

les traces d’une vie à venir sinistre et sinueuse

c’est là la marque du départ comme une course rapide

où tout se joue comme on aime à se le dire depuis peu

 

 

lui ne veut dire

préfère écrire

lui fuit depuis la renaissance

et se laisse vivre

lui passe le temps comme il peut

lui s’arroge la charge qui bouscule

lui trépigne se ronge les doigts

brise les phalanges

garde rancune

raidit l’ombre béante

qui se risque à frémir

en toutes saisons et lieux

 

 

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 18:29

            J’ai la conviction d’être dans le camp de la parole libre et vraie. Mais mon projet, mon dessein poétique, lyrique et politique, appartient à un passé mythique voire mythifié.

L’homme d’aujourd’hui et de demain est d’ores et déjà globalisé. Il est seul ou à peu près, encadré dans une dynamique familiale ou entrepreneuriale. Ses solidarités sont limitées. Les frontières ne sont plus que de vieilles antiennes pour des sociétés retardées. L’empire ne doute de rien. La politique fait partout défaut. Les médiocrités arrogantes tiennent le haut du pavé médiatique. Les querelles artistiques sont illusoires. Seuls le sexe et le commerce font ensemble bon marché. Les provocations en ce sens sont grotesques.

Dire ce que nous fûmes, ce que nous sommes et ce que nous voudrions être relève d’une véritable gageure ; ce projet esthétique hautement politique se trouve désorienté et aboutit à des hommes fracassés, solitaires, niant ainsi l’esprit même de la culture, dont le but est avant tout de déranger l’ordre établi, tous les ordres, et de propager la connaissance afin de régénérer une nation toute entière. La poésie rétablira l’ordre et le désordre amoureux, lyrique et révolutionnaire pour sauver ceux qui voudront l’être.

 

FIN

 

Saint Julien Molin – Molette, Paris,

août 2009

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 18:06

J’avance

Me croirez-vous j’avance malgré tout

Les rancœurs du cœur

Les rendez-vous manqués

Il n’y a pas de fautifs

J’ai souvent pris la mauvaise route

Ou bien me suis trompé sur les hommes

Les faux amis les femmes parties

Me tromper fut une seconde nature

Charmante naïve ou imbécile

Il faut parier non pas sur le passé mais

Lancez des flèches à l’avenir

C’est certainement beaucoup plus risqué

 

Saint Julien Molin – Molette, Paris,

août 2009

 

 

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 18:23

A la longue

J’ai le sentiment de semer des pierres

Qui me tirent vers le fond

Car personne ne veut comprendre

Même si je sais que je vois

L’avenir préfabriqué

L’avenir semblant l’avenir boucher

Le sinistre massacre de nos consciences

Car personne ne lève plus le bout du nez

En trente années ils ont eu ce qu’ils voulaient

Car les bourgeois sont prêts à tout liquider

Hommes femmes enfants usines trains cités

Ils sont prêts à tout sacrifier

Dans le mépris des hommes des principes politiques des idées

Pour monnayer ce qui restera à vendre

Les châteaux les églises les peintures et les putains

Divisant pour régner un peuple exsangue muet et castré

Demain les lumières de nos vies seront mortes

Et tout sera alors facile

Fermer le ban boucher le trou

On vous fera simplement croire que vous existez

Télé Paris ment à chaque seconde à chaque image à chaque instant

Créé un monde qui n’existe pas

Pose les interdits et nous transforment de nouveau en enfants

Libres de se taire

Libres d’agir selon leurs convenances et le politiquement correct

Assassinant ainsi les leçons de notre histoire les principes mêmes de notre République

Quand les faux semblants ou l’illusion visuelle servent de base à la société

Avec pour allié les corporations les clans les réseaux parallèles

Parallèles à la liberté et la véritable démocratie

Demain se vit dans l’extinction de notre monde

Dans la fin de notre culture laïque libre et universelle

La fin de notre poésie

 

Saint Julien Molin – Molette, Paris,

août 2009

 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 18:22

Dans toutes mes escarmouches montées

Ne sont tombés que ceux qui le voulaient bien

Et mon désespoir avait le gout du lapin ou du chien

Mouillé après une forte pluie d’automne

Je n’ai rien fait que de m’absoudre des erreurs

De jugement ou de pensée mes traits mes rires ou mes rites

Particuliers qui ne possèdent aucune vérité

Puisque tout se vaut puisque vous ne voulez rien savoir

Amen

 

Saint Julien Molin – Molette, Paris,

août 2009

 

 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 09:35

Je fus de mille idées mille combats et luttes exagérées

Les paroles portaient le plus souvent la primeur du principe sur la réalité

Mais je ne me suis jamais tu malgré ce qu’on m’avait inculqué

J’ai posé des affiches appelé à voter pour finalement ne rien changer en bien

Le mal avait du chemin d’avance

J’ai écrit des livres en ait fait imprimer plus de cent

Et l’ordre des choses avance n’étant ni plus riche ni plus pauvre

Si bien entendu riche de l’expérience d’une certaine fraternité épuisée

D’une liberté et d’amitiés sincères et véritables qui sont bien peu en nombre

Qui se sont irrémédiablement rétrécies avec l’âge et le sens du vent

 

 

Saint Julien Molin – Molette, Paris,

août 2009

 

 

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