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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 18:19

XV - le 9 mai.

à ce point précis du poème policier

on ne rigole plus

on se regarde au petit jour dans la rue

en chiens de faïence pour reconnaître son prochain

qui découpe broie et dévore les cadavres

et de dégoût on s’imagine disparaître dévoré

par des dents cannibales de monstres déshumanisés

précipités à l’aune de la crise sur la route

abandonnés repères sensibles de l’humanité

vacille de ses monstres qu’elle a fabriqués

à la boucherie comestible de l’anxiété

on se demande qui sera le prochain

c’est la meilleure blague de Libé

des client de putains en sont morts

par le petit bout et bienheureux

celui qui meurt béat

qui n’a conscience du mal qui peut l’emporter

dehors il pleut de plus en plus

il ne fait pas trop froid

le climat est devenu lourd

digne des Tropiques triste sir

et le jour n’en finit plus de mourir chaque jour

le président a dit haut et fort

d’un ton martial initié par des communicants

chers en jachère qu’il était prêt à ressembler

à son immense aïeul quitte à reprendre son profil

le temps d’un reportage d’une campagne ou d’une

photographie prêt à mobiliser toutes les forces

de l’ordre y compris l’armée et toutes les bonnes

volontés pour arrêter cette 5ème colonne cette folie

qui détruit et corrompt jusqu’au cœur des hommes

mine le pays ses restaurants opéras et boxons

car on ne peut vivre de cette manière sur la terre

apeurés enfermés en étant le gardien de sa propre prison

il prend le temps que dure l’image

la posture de celui qui veut en découdre de l’imposture

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7 septembre 2014 7 07 /09 /septembre /2014 18:06

XIV - le 8 mai.

en ce printemps sordide

plus personne n’ose rire se moquer

comme on l’a appris par cynisme des années 80 & dix

mises en scène puis en ligne de mire

contre les idéologies alors aujourd’hui

alors que nous vivons en plein désert

il manque à l’appel les remparts autrefois naturels

c’est comme si le rire avait disparu

avec ce monde séparé en deux

et beaucoup voudraient voir disparaître cette nuit

les plus riches parmi les riches et audacieux

voudraient se payer un voyage en supersonique

pour ne voir que la réalité du jour artificielle

tournant 24 sur 24 dans l’enfer problématique

et de l’effroi d’une panne subite de gazole

ou d’hydrogène le temps manque pour décrire l’à-pic

la part de tristesse d’angoisse profondément

humaine qui fait plier les genoux le front la tête

révélant l’intime part rajustée

et bien que les pauvres soient les plus nombreux

les sceptiques les croyants les obsédés et les amoureux

du gai plaisir ont subi ces exactions mortelles

sous des arbres printaniers les premières feuilles

fourmillent des pollens et fleurs qui s’éparpillent

durant de longues heures sur les cadavres mutilés

tranchés au pied du jour et ils furent nombreux

en cette nuit de colères orageuses ils furent

nombreux à disparaître de la vie nombreux

sont les 49 à cette heure non encore identifiés

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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 22:25

XIII - le 7 mai.

la nuit hante

en remet une couche

entre les corps démembrés et

les yeux arrachés

au sommet d’arbres genoux

chevilles et troncs balancent

rue Pelleport au 20ème

à la rue de la Glacière du 13ème

qui mène de la Cité internationale

en remontant au 5ème des hommes

qui font voter les morts

manquent à l’appel du jour

devenus cadavres éteints

sculptures figées dans des poses ridicules

accrochés à la boucherie de la ville

on ne compte plus au petit matin

ces corps désarticulés désaxés

semés au hasard des rues

surpris dans leurs derniers pas d’hier

précipités et nulle distinction à poser de

races couleurs préférences sexuelles

tous ces hommes à l’état brut de leur vie

gisent en feuilles mortes foulées

sur un bitume rougi dont nulle trace

ne peut répondre aux hypothèses

rien ne peut en effet apporter la moindre piste

aux enquêteurs du réel

Le Parisien titre au matin Carnage carnassier rive gauche

et voilà revenu le temps des Assassins

mais personne ne pose la question de savoir l’évidence

que sont devenus les restes humains disparus

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31 août 2014 7 31 /08 /août /2014 14:56

Après une pause estivale bien méritée, après 4 ans de tenue de ce Journal poétique quasi quotidien, conçu avant toutes choses comme une performance artistique personnelle dirigée vers tous les lecteurs potentiels, voilà de retour la reprise du dernier manuscrit en cours de publication :

HOMME JOUET / JOUET HOMME !

Résumé :

Dans une ville de lumières et d'ombres, des hommes disparaissent subitement de nuit et sont retrouvés au matin à moitié dévorés, décapités, vidés de leurs entrailles tels de vulgaires poissons.

Les pouvoirs médiatiques et institutionnels s'interrogent et prennent toutes les mesures dont l'inefficacité semble la marque de fabrique.

Nous en étions au 5 mai. Voici la chronique du 6 mai.

Bonne lecture !!!!

JMP

XII - le 6 mai.

dans la nuit froide sans bruit

les gens font semblant de dormir

d’avoir oublié les sans domicile fixés

au sort de leur trottoir du remords

et des misères de cette crise infinie

qui tient les statistiques aux palais

des rêves on se goberge

s’égosille des changements de la société

du devenir des hommes déclassés

on prêche le faux pour rester dans ce vrai

la clé des semblants métaphysiques

pour se mentir à soi

il faut au minimum à la charte

des réalités qui compte quoi

qui raconte les mots pervers de Baudelaire

les mots pendus au cou d’Arthur

les mots falsifiés de papier qui ont

emporté le siècle de vagues sombres

de vagues de fond qui ont failli

tout emporter au cœur de la déroute

alors que nous faisons comme si

nous n’avions rien su de cette saison

sauvegardés des plaintes des cris

par cette insensibilité déployée à merci

quand on parie sur des miracles et l’avenir à foison

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 21:36

XI - le 5 mai.

les temps sont nus

devant les multiples suppliques

le couvre-feu a été normalement déclaré

et on obéit pour se protéger du risque

de vivre désormais

le doute fécond hante

les justes de bonne volonté

se posent les questions

lavées de la honte des origines

nous sommes tant et tant

et pourtant si seuls

poids précipités au cœur du jour

la mémoire est sauve

hier s’est effacé

personne ne semble se souvenir

des drames du passé et on oublie

pour oublier

le jour se défile

les rues se vident

l’absence s’étend sur la ville

s’impose un silence parmi d’autres

de rares voitures s’enfuient à toute allure

brûlent les feux clignent tous les radars

de leur crépuscule courent à l’abri d’eux-mêmes

un haut-parleur appelle à la prudence

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28 juillet 2014 1 28 /07 /juillet /2014 21:18

X - le 4 mai.

qui peut entendre sinon les sourds

quand ne voient que les aveugles

dans ce royaume sans roi

où même les jeunes sont vieux avant l’heure

et chacun se terre terrifié dans sa retraite rêvée

imaginer le pire

quand il se résume à des charrettes

qui ne se dirigent plus place de Grève

pour connaître la veuve frigide

mais vers le néant de l’inexistence

sociale sans casque ni couronne

précipité à l’air du vide

les avoirs se comptent désormais au comptant

on ne possède que des chimères

en cette saison du massacre d’innocents

quand se prépare le nouveau soir

à la prochaine nuit dense

les rues vides se séparent des enfants sages

pour que l’ordre règne sur terre

afin que rien ne se passe

les ordres fusent du haut vers le bas

pour que tous se policent et prennent

conscience de la responsabilité qui s’

engage chacun est libre mais

chacun sera libre un jour de rejoindre le ciel

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 19:26

IX - le 3 mai.

ne réclame rien pour moi ni les miens

en échange de mémoire pour mon passé enfin

qui éteint ses prédicats malmène ses pensées

pour rompre le fil de l’histoire

son archéologie repose sur des mythes égaux

dont le poids est un otage vidé

histoires du néant qui se reposent sur d’étranges

et sales sables mouvants personne ne veut

ouvrir le chemin de l’instant sans que ne s’impose

à force d’armes contre soi au matin levées

pour avancer continuer de construire

le mur abattu de la veille

qui réveille à coup de corne d’octaves

de tambours ceux qui ne disent mot consentent

à quel moment la vie devient éternelle

alors on se berce comme si supporter l’absence de

réponses formait la fondation d’une nouvelle présence

au monde vers quels refrains se réfugie-t-on

quelle trame ou exercice du lendemain

cette écriture se résume à l’usage du son qui corrompt

du chant des bombes et des images qui tuent

en un quart de seconde après rien que le silence

soudain

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23 juillet 2014 3 23 /07 /juillet /2014 22:42

VIII - le 2 mai.

au matin chaque cadavre devient une pierre nouvelle

ciment du jour qui pointe dans une offense faite aux dieux

depuis leurs longues trajectoires les cloches sonnent en attendant

les cris perçants des minarets la ville se prépare à la chasse prépare mille rets

invisibles pour dompter les derniers récalcitrants qui n’obéissent

pas encore à tout ordre possible risible impossible nocif les ordres contre

la seule raison qui promènent les rebelles enchevêtrés dans leur solitude

dehors ne bruissent que de rares voitures avec chauffeur tous feux

éteints les officiels se glissent dans leur costume comme ils passent

entre chaque goutte chaque mensonge plaît au ciel que l’on crût

les gens pauvres le peuple au plus nombreux des cieux

suivent ce funeste destin de cette ribambelle qui croit si peu

et qui se brûle les doigts finit par perdre la tête

ainsi se soulèvent mille inconnus livrés à la pâture

du passé devenu inintelligible car il est bon d’oublier ce qui fut

et s’éloigner tant et tant des mythes au présent des infortunes

sait-on lire désormais les prédestinations chères aux devins

au bon sens des Lettres de Luther quels poèmes lancez-

vous tels des écrits pirates jetés ternes à la face

de ceux qui ne veulent jamais rien voir mis à part

leurs défaites délicieuses rien que la farce immédiate

qui n’aurait comme d’habitude ni cause ni conséquence

voici un comportement lâche inconséquent lourd de sombres

taches vos mains portent soufflent palpent le néant de vos poches

réduite à moult billets la vertu divine sombre chaste soudain se lâche

et prépare le terrain d’icônes savantes qui manient forces cravaches

le dire c’est le comprendre

l’entendre c’est le dénoncer

le vivre c’est briser l’entente parfaite

du silence d’accepter le monstre

alors que sommeillent ces générations hibernantes

qui n’attendent aucun réveil sauf une fin pour demain certaine

et puis ce culte de la mort

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 19:19

VII - le 1er mai.

au premier constat ce sont des hommes frappés au visage aux yeux

offerts au premier venu ainsi brisés sans défense

car devant une telle sauvagerie comment révéler la vérité

de crânes fendus la cervelle explosée des entrailles disparues

comme dans un simple et dernier avertissement avant apocalypse

l’on se perd alors en conjectures et les médico-légaux en perdent eux

leur latin n’ont guère à l’heure actuelle d’explications ne donnent pas de sens

à leurs premières investigations et leurs interprétations vaseuses

satisfont cependant les caméras internationales qui se bousculent

sur le pont Henry IV suivent pas à pas les paroles les conjectures

les explications et démonstrations le rappel d’une histoire

qui semble avoir maille à partir avec la simple vérité vraie

mais les autorités clament maîtriser la situation c’est d’un drôle

car on a soudain peur des effets néfastes pour le commerce déjà

défaillant les nuitées les additions les pourliches et les courses de nuit

on ne joue plus complet les vitrines tôt s’éteignent et se ferment ici

porte close les entrées des très grands magasins achèvent leur cycle terrestre

puis chacun se terre à l’abri de son écran de télévision car que faire

boire prier broyer du noir au soir d’une ville éteinte qui lentement se meurt de la peste

c’est une pièce qui se joue et point de didascalies pour comprendre la raison

du destin qui se propage de la joie vers la haine la plus belle oraison du web

d’une nuit sans lune et sans sommeil les hommes tombent comme ces mouches

qui ne vivent qu’un après-midi le temps de naître vivre et d’aimer

et le temps de mourir vient à compter les heures qui nous restent

à conquérir le vaste chemin qui nous guide vers l’incertain de l’inutile

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 21:18

VI - le 31 avril.

la rumeur se diffuse au fil des heures

et on attend la prochaine nuit avec lenteur

chacun se représente la scène mille fois identique

car on a tous vu les mêmes images par tous les angles

les commentaires de compassion policées mélancoliques

car comme chacun sait on ne peut juger avant de savoir

cela ne relève pas de notre culture politique si correcte

que l’on affiche ici-bas en transformant derechef victimes

innocentées en coupables car le pouvoir des mots a renversé le contenu

des actes désormais on nage dans le vide des sons et leur naufrage

qui ne relève pas on le répète à satiété de notre fière

identité ici-bas car c’est ailleurs que l’on immole pend sacrifie occit

hors des lumières des projecteurs aux milliers de volts

survoltés des caméras de télévision qui enregistre avant

d’être commentées pour rendre la réalité plus vraie vide et nue

alors qu’un rideau est depuis bien longtemps tombé

devant le regard multiplié par centaines de millions rendus nus

alors qu’aucun ne voit et ne retient rien

qui n’entend et ne peut retranscrire aucun son

qui réagit disproportionnellement selon l’intensité

des brouillards évanescents d’une émotion d’un petit chat

il tombe et se noie depuis l’humanité qui accepte le donné

tandis qu’ailleurs 200 000 âmes se sont éteintes tombées

en quelques heures jours ou semaines sans que

vous n’en soyez pour le moins au cœur touchés quand

l’image naît décroche disparaît puis enfin se transforme sous une cloche

par une étrange chimie c’est comme si en fait il ne se passait rien

puisqu’un vitrage filtre des yeux rendus aveugles

aux événements phénomènes tels qu’ils se font

par rapport à la réalité la raison n’en garde aucune empreinte

devant l’avalanche d’effrois que retenir sinon des centaines d’amitiés

virtuelles nées de cette gangue de braises que retenir

apparaît comme un monstrueux rêve

à chaque instant des écrans naissent entre la réalité et ce qui n’existe pas

et c’est ainsi que minuit tombe

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