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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 16:51

 

 

Vers le lac

les regards sont fixés en pensant à l’hiver dernier quand il était prisonnier de la foule blanche sur les prés les quelques maisons et l’hôtel restaurant bombardé de blancheur scintillante sous les rayons du soleil le lac s’était figé depuis de très nombreuses années cela s’était rarement produit masse de glace miroir du ciel uniformément bleu la masse sombre des sapins éternels constituant une garde de fer majestueuse la marche avait été plus difficile mais le plaisir plus intense l’été c’est différent c’est aussi plus facile de lutter en se protégeant du soleil des orages pour la chaleur les filles se déshabillaient lentement le corps des garçons musclés devait les émouvoir mais leur corps à elles me retenait prisonnier dans mes rêves le regard perdu vers l’horizon des forêts quand je dis

le lac regardez cet œil bleu dans le noir du monde

ils applaudirent et elles riaient moi aussi je riais je me faisais rire aussi les cris et les sauts les courses traversèrent le dernier sous-bois le dernier pré chevaucher les barrières barbelées qui empêchaient les vaches d’aller pêcher la première qui met le pied dans l’eau hurle et met ses mains devant sa bouche l’eau est très froide je ne pourrai pas y aller pour tout l’or du monde plutôt baigner les pieds gonflés hachés torturés jusqu’aux mollets et les laissez en paix pour une fois ils nagent se projettent de l’eau dans les yeux plongent sautent font la bombe la course c’est bien d’être heureux ensemble l’année dernière au milieu du lac l’un d’entre eux a coulé corps et bien les pompiers n’ont jamais retrouvé le corps dans ce lac sans fond qui se perd en conjectures ils ont vu de longs et immenses brochets barracudas des eaux sombres douces et fraîches le lac se perd dans les méandres de ces montagnes calcaires je ne le connaissais pas bien et je ne l’aimais pas j’eus une certaine culpabilité après coup mais il ne m’avait pas demandé conseil et je n’ai pas le pouvoir de décréter qui devra qui pourra survivre dans ces contrées je pense au jour où son corps remontera à la surface libéré des profondeurs abyssales et si son masque est arrêté par les glaces je ne voudrais pas être à la place de celui qui le découvrira

 

 

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 22:28

 

Silence

réveil dans un état d’apesanteur comme si se détachait du corps une composante extérieure à l’être à ce corps pourtant si matériel dont l’eau s’évade pour une part dans l’état proche du sommeil mais qui n’est pas le sommeil un état entre le concret et l’indicible qui dépasse même la structure et le contenu du mot un état spectral une ombre une doublure d’un cinéma esthétisant la non réalité de l’appartenance au monde ou du moins d’une fracture de ce qui ne se nomme pas qui fut d’une part et qui déjà est en train de se séparer de l’être tout en existant paradoxalement puisque l’infini des étoiles cet espace infini existe comme dans une chute rêvée où il n’y aurait pas de début ni de fin avant la vie avant la mort ces deux états particuliers n’ayant aucun sens ni de réalité

le sommeil n’existe pas il n’est pas fondé l’état en est étrangement scindé dans une pesanteur consciente mais séparée

l’ultime phase entérine le balancement entre l’orage magnétique d’une violence inouïe et l’état paradisiaque bercé entre le malheur et le bonheur chacun absolu dans leur extrême la plénitude d’un plaisir merveilleux et l’horreur du massacre avant les larmes décennales avant que tout cela ne s’efface avec le changement du jour dix ans de chute de doutes percés par le temps qui passe le temps transgressé le temps faux ce temps messager vers le plus tard le plus grand le plus sincère le plus honnête le temps pris pour ce qu’il n’est pas

dix de chute comme on dit au jeu de cartes le jeu je ne fus pas celui qui avait la main je ne le compris que fort tard mais celui qui dirige la partie n’est jamais celui que l’on croit quand on joue à la vie à la mort et quand on aime jouer on ne s’avoue jamais vaincu

 

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29 décembre 2010 3 29 /12 /décembre /2010 16:26

 

L’ordinateur

a tout changé dans la foule des mots projetés car tout va plus vite le cap est fixé comme dans une course sur la houle et les corsaires illégitimes se sont tous ensemble lancés vers la seule espérance qui demeure c’est drôle et triste à la fois sur la ligne de l’horizon des hommes c’est beau et triste à en pleurer mais la réalisation de l’existence a besoin de ce sens qui déplace et développe l’enveloppe charnelle et que ne peut-on dire et écrire que ce qui a été déjà dit et écrit sous des formes multiples dans toutes les langues et les dialectes

les mots sont des lynx invincibles ils n’appartiennent à personne ni à l’auteur mais en tant que bouées rongées par la tempête ils m’ont servi de sauvetage existentiel et m’ont permis enfin de respirer le clavier est devenu ce réveil de la nuit toujours prêt à recueillir les confessions indispensables avouées par la force des choses comme une nécessité pour contrecarrer les chutes et les disparitions

en écrivant j’existe pour moi et pour les autres en écrivant Le Stylo en bandoulière j’ai tué le stalinien que j’étais pour sauvegarder la confession de l’être dans son humanité première je suis né vingt ans après le débarquement et la fin de la guerre et je n’ai pas encore écrit le roman de celle de mon père puisque je suis aussi un enfant de la guerre j’ai écrit la guerre des autres et ai mené longtemps la mienne qui m’a tenu sur la crête tous les sens en alerte pour ne pas tomber jamais dans l’embuscade et même si je n’ai pas le talent des auteurs heureux je porte haut mon verbe dans le silence et la solitude des pages droites des colonnes étroites des revues distribuées à quelques dizaines d’exemplaires

les mots s’agrègent coquillages sur les grèves transformées par le fil du temps en sable dunaire sur des distances continentales les phrases s’établissent en modèles habitables formant des maisons imaginaires pour les hommes qui s’imaginent eux-mêmes maintenant et ailleurs prenant toutes les formes les couleurs les aspects les plus déroutants il faudrait savoir lire entre les lignes et rompre les habitudes pour inventer la fièvre nouvelle qui balaie et renouvelle en jaillissant le monde peut changer le cours de l’histoire et faire durer une gamme une histoire une photographie un conte une vision plus loin que l’on ne peut imaginer

en pensant à l’irréel on peut en saisir le concret pour le porter enfin à ses lèvres

 

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 18:51

 

L’appel

je ne voyais pas l’avenir seul inondé de cette sale solitude à ne rien partager ni donner seul à se tordre les mains pourquoi ne me voit-on pas dans ce dédale de relations et puis l’appel du fossé dans la voiture lancée à toute allure tout à l’heure le volant a tourné pour échapper au décor une montée d’adrénaline a réveillé le corps et la sueur a inondé le front de ce conducteur qui ne voulait pas particulièrement en finir mais s’arrêter dans la nature dans ce pré stopper pour souffler respirer un moment ou faire le point prendre une décision pour une fois se projeter réellement dans le destin un choix certain

dans la rupture la distance à établir est proportionnelle aux dégâts causés auparavant et les kilomètres sont un excellent remède pour se remettre sur pieds la route commence devant chez soi et il suffit d’un peu d’expérience de maîtrise dans l’art de la conduite pour s’échapper s’évader des carcans mortifères devenir autre devenir pour atteindre chaque nouveau versant des collines faire l’ascension des montagnes franchir les ponts les forêts noires ou bariolées longer les files indiennes de platanes encore vivants qui balisent la route pour nous emmener autre part dans des régions sensibles où le temps a presque terminé son œuvre le temps de reprendre son souffle avant le jour de repartir et de libérer une place un lit un amour la carlingue est de bonne qualité le moteur sûr pour traverser l’Afrique ou l’Amérique du nord au sud tout semble possible pour voir se nourrir de ces visions essentielles en surveillant les nuages et les vols intercontinentaux le monde apparaît et plus grand et plus petit il tient dans une main et le sommeil met longtemps à gagner en partant à l’assaut des langues on se soumet à un rythme étrange on devient soi et l’image donnée n’est pas seulement du domaine de l’apparence mentir ne veut plus rien dire ne signifie pas grand-chose et le cynisme ambiant n’a plus cours pour le premier degré d’une vie en refusant de partir on devient vieux trop vite on renonce à sa partie universelle on se soumet à l’attente de l’étincelle sous un déluge digne de Noé

en roulant de nuit les feux rejettent la nuit et en roulant vers l’Est la nuit meurt toujours une fois avant la levée du jour

 

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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 18:58

 

Course du soleil

contre les heures de marche lente l’homme est fait pour l’effort physique rien ne peut le retenir car sa volonté le pousse ailleurs contre l’ennui la monotonie du champ de vision voir découvrir sans cesse pour mieux revenir bien plus tard pour finir la course de la vie et revoir l’enchantement de l’enfance le rythme de la marche en un cercle avec pour constantes un début et une fin  déclarés l’assurance de vivre pleinement dans la surprise de chaque jour de chaque pas pour réinventer l’esthétique propre de son imagination et construire les relations avec les autres par delà les continents les océans les mystères

la marche suit son rythme et sauf incident les mètres s’avalent naturellement l’eau de la source glacée entourée de mousse tombe hiver et été dans la vasque de pierre carrée un crucifix fixé au dessus nous regarde comme il regarde les siècles passés et ceux de demain l’eau inonde la bouche glace les doigts et réveille la nuque l’eau nettoie les plaies du monde nourrit la suite des heures prochaines l’eau devient un souvenir filtré par le granit on ne sait d’où elle provient elle se boit puis après une heure de marche les arbres s’espacent et laissent libre champ à une prairie où poussent solitaires des gentianes hautes d’un mètre cinquante l’hiver sera rude on fait quelques pas dans les sous-bois pour chercher champignons et myrtilles les dernières framboises s’offrent délicatement le silence est presque réel et nos respirations comblent un instant ce désert de sons les branches supérieures des arbres se mettent soudain à s’applaudir sous le vent aucun souffle ne descend à terre la descente commence et on rencontre un écureuil furieux d’avoir été dérangé dans ses affaires et on peut déjà apercevoir au loin une touche de bleu dans un carré de lumière le chemin est tout tracé la voie est claire et le pas s’accélère mais on pense qu’après la pause il faudra se préparer au retour et les muscles fatigués semblent crier grâce c’est alors qu’on se découvre différent le voyage change l’esthétique de notre humanité nous voilà redevenus animaux sauvages et solitaires mais nos mains nous relient on se tient on se regardera au bord de l’eau nous déshabiller leurs seins illumineront nos yeux qui se détourneront dans notre pudeur de dix-sept ans l’eau glacée mord les pieds et les mollets l’eau noire profonde et dangereuse

l’arrivée est la plus longue étape car le but est à portée du regard mais les centaines de mètres fatigués retiennent les paroles en marchant on se refait une virginité de l’âme

 

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 11:44

 

Dans les allées

du jardin des limaces énormes marron et noires aux traces gluantes sorties en ce mois de juillet du jardin potager rue du Mollard Saint-Jean la pluie de l’orage s’est tue subitement et le short mis le gamin avance doucement pour ses premiers pas non cela ne peut être possible ou bien après l’accident mais est-ce la même année la chronologie se révèle une énigme et les témoins présents n’ont pas besoin d’être interrogés pourquoi donc chercher la petite bête des vieilles histoires qui n’ont rien d’important la mémoire engrange cache pose des pièges évidents au fond des arbres verts des herbes hautes et des plants de haricots de fraises d’autres haricots grimpant des patates et des carottes un petit jardin des villes et devant le trottoir la rue peu passante et le haut mur de l’hôpital très haut mon papa me tient par la main et il me paraît si jeune c’est mon frère peut-être on n’a pas le droit d’aller à l’hôpital voir maman et le bébé c’est interdit il faudra attendre leur retour

dans les allées l’enfant cherche des ballons qui n’existent pas le petit tricycle est tout blanc sur la photographie et l’enfant cligne des yeux sous le soleil mais la photographie est en noir et blanc l’appareil est beau c’est du très bon matériel que l’enfant ne doit pas toucher ce n’est pas un jouet à quoi passer les journées qui fait le jardin où est maman et pourquoi doit-on garder le bébé c’est mieux un animal un chaton je veux un chat

la rue a-t-elle disparu où sont les murs de l’enfance et les eaux tombées du ciel bues par les terres encyclopédiques il fait chaud et parfois froid dans ce monde incertain immobile rester sans nouvelle de la famille rester seul si longtemps sans être attendu ni entendu rester à l’air libre à inventer le passage des heures la filiation des jours est prévue c’est le seul avantage les rues sont nues et vides il faudra bien vingt ans pour arriver à la fin de ce travail de sape les populations ont changé et les ouvriers ont laissé la place à des êtres serviles qui ne cherchent les solutions que dans leur dieu hypocrite en priant ils s’exonèrent de leurs mensonges faciles et noirs jamais on aurait pu imaginer l’avenir de désastres advenus si vite en une seule génération jamais on aurait pu prévoir et ce n’était pourtant pas encore la fin de l’ère industrielle

 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 17:04

 

Roman

est un prénom étonnant j’aurais eu un garçon l’aurais-je prénommé ainsi penser est une trop belle affaire pour échapper aux maux de tête en écrivant ce roman à Amiens que je n’osais montrer à ma femme le personnage central s’appelait Johannès comme s’il fallait toujours nommer quelqu’un un héros de livre une personne inventée de toutes pièces un tiers que l’on ne connaîtra jamais qui n’existe pas pourquoi dénommer pour l’identifier lui constituer un curriculum vitae Johannès Hart un nom qui n’est pas français écrit sur un cahier au stylo noir puis retapé à la machine à écrire cette bonne vieille bécane qui prenait presque la place et la surface d’un bureau entier je dois avouer qu’à la relecture dix-neuf ans après cela tient mais ces trente pages incomplètes non terminées que forment-elles pourquoi n’avoir pas achevé ce projet pour ne pas être de la corporation des écrivants des faiseurs de lumière en pleine nuit

les questions se posent et il n’y aura sans doute jamais de réponse à l’ignorance ce qui existe ne peut pas mourir ce qui est écrit est inscrit dans un marbre et il doit bien exister des fous pour creuser l’archéologie de papier c’est la mienne après tout ce personnage n’était pas moi il suivait une trajectoire connue identifiée est le mot certes mais il devait figurer un autre homme qui aurait eu tendance à réussir sa vie

les pages se sont accumulées dans un désir inouï d’accumuler ces manuscrits épars aux poèmes posés en courtes proses parfois leur nombre je ne le connais pas car j’ai conservé peu d’éléments de cette construction apparente le temps freinait l’écriture la pensée les lectures et le ressenti des œuvres l’expérience se fait avec le temps et croire au génie est une croyance quasi religieuse la différence repose sur le travail constant de nuit comme de jour laissé sans repos vivre en dehors de la communauté des hommes ou se dédier entièrement à eux puiser sans cesse l’eau de cette source non tarie ressentir les couleurs la musique comme le goût d’une viande d’un plat épicé ou du froid sur la peau de l’été pour se saouler à mort et ressentir l’ivresse majeure quand on a déssaoulé pour revenir à la réalité pour en respirer sa puissance et parfois aussi sa beauté

 

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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 13:47

 

Noir

absolu déveine le sang monte à la tête puis reflue sans que l’on s’en inquiète et si les liens entre le concret et l’imaginaire s’étaient soudain sous le choc la peur et la vitesse disloqués ne fut-ce qu’un instant et si

le noir est la couleur du soir il fait nuit durant de si longs jours à attendre le masque bandé de blanc la porte s’entrouvre et le repas apparaît ferme les yeux ah être si obéissant c’est une gageure sans jamais protester mais il faut bien avouer que lorsqu’on revient de si loin on a l’habitude de ne pas jamais s’avouer vaincu la suite justifiera cette position de ne pas bouger revient à faire avancer les choses malgré elles la patience est une arme redoutable qui ne laisse pas de répit pour le perdant la noirceur des heures lentes qui se décomposent à la fin entre sommeil et rêves dingues les rêves suicidés de l’hiver soixante-quatre où il faisait si froid le gel emprisonnait les vitres de la voiture et la neige bloquait les roues dans les côtes escarpées du Jura naissant l’eau de Cologne l’eau aux senteurs érotiques dégivrait les cristaux qui par millions s’agglutinaient

enfin cela pourrait un jour finir toutes ces épreuves pour me faire reculer ou regretter le choix de survivre malgré le froid glacial les eaux perdues les cascades figées dans le décor et attendre toujours attendre je hais la lenteur et les heures gaspillées ne rien faire attendre que la mort s’ensuive c’est cela c’est ce que vous voulez alors que déjà je voulais tout prendre saisir comprendre et dire mais on ne peut pas parler à quelques jours encore des semaines et des mois à patienter et à subir

la rivière s’échoue dans son torrent tout blanc au milieu de la neige et si la voiture dérapant tombait dans l’eau savonneuse qui nettoie rutile et astique les rocs somptueux fendus par la glace le gel et le dégel à venir qui trouver au milieu des décombres la grand-mère frottait le pare-brise d’alcool pour avancer un peu trente kilomètres à avaler pour rentrer au chaud dans l’HLM partis à deux revenus à quatre avec une mère exsangue une mère qui faillit partir dans les flots de sang en pensant à l’avenir on dessine des plans essentiels des escales des voyages pour prouver que l’on peut se faire aimer

 

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 17:50

 

 

L’effort

promène les muscles sur la pente chaque pas nous relie avec les siècles les millénaires passés la marche du devenir nous porte au-delà de nous de l’enveloppe de chair et d’eau dépasse notre nature humaine soulève le corps mais aussi l’esprit vers d’autres dimensions aucun obstacle n’arrête l’homme mers déserts montagnes et glaciers infranchissables l’eau ne forme qu’une petite flaque où se promener il n’y a pas d’échelle à l’inépuisable et quand tout est possible l’homme renaît grâce aux éléments à sa source d’invention son imaginaire le pousse à découvrir ainsi qu’à chaque tournant l’œil s’égare et cherche où se raccrocher les ampoules aux talons blessent déjà et si chaque pas se transforme en une souffrance infinie la douleur s’apprend et se dépasse même si elle est obsédante se transforme en jours de réparation chaque instant devient une surprise potentielle et les animaux nous surveillent de leurs yeux fixés sur nos projets et nos crimes certains à venir les sapins remplacent petit à petit quelques feuillus épars les ronces se battent dans les espaces nus et le ronronnement des abeilles remplit l’air crissant de tous les insectes qui se sont déclarés la guerre les herbes hautes cachent la terre imbibée d’eaux fangeuses la terre noire avale les troncs éteints et malgré les années tout change et rien ne change chaque chose reste à sa place et le pas ne se risque pas sur ces zones étrangères où la vie pourrait tout bonnement prendre fin à tout hasard la sueur coule dans le dos et les cuisses nues des filles brillent de nos tourments en fermant les yeux on peut tout imaginer quitte à prendre le fossé les branches de noisetier fouettent le rappel à l’ordre il ne faut pas rêver il faut continuer à marcher jusqu’au lac où elles se déshabilleront et finiront dans l’eau glacée mais le chemin est long encore la montée n’est pas terminée il faudra ensuite descendre et réinventer sa marche pour ne pas tomber le pire est ailleurs ou pour plus tard ou pour demain j’imagine que je vis la vie rêvée de mes rêves j’imagine être enfin heureux n’avoir plus peur du lendemain me nourrir de ma main avec le ciel et les saisons pour alliés toute la force est en nous ne pas sombrer dans l’abattement

c’est en imaginant le réel que le réel se transforme réellement

 

 

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17 septembre 2010 5 17 /09 /septembre /2010 22:42

 

Cette naïveté

de l’enfance je l’ai longtemps gardée comme un bien précieux un talisman croyant ce que l’on me disait les contes les histoires à dormir debout même les plus gros mensonges abordés par toutes les faces de la vérité ainsi je me rapprochais avec les années de la politique où les hypocrisies démagogues font office de vérité première pour m’en détacher ensuite assez vite pour fuir ce relais de la peur car les principaux menteurs ne sont que de piètres joueurs qui se mentent d’abord à eux-mêmes en entrant dans la vie tête baissée et en croyant tout ce que l’on me disait le problème n’est pas le degré d’acception c’est l’authentique saveur d’engagement total dans cette vie donnée et les combats et luttes à engager pourtant malgré le don total le don de la personne dans son être entier on sait ce que l’on nous cache derrière les ambitions les petites indélicatesses les stratégies secondes quand on joue étant enfant on se ferait tuer pour ne pas perdre pour ne pas être le dernier même si on joue à deux perdre devient la ruine de soi et l’effondrement d’un monde qui nous appartenait l’instant auparavant cette noyade fut sensible dès la première seconde aspiré par le vide et le néant s’effaçaient les moments d’un possible et s’écoulaient les secondes qui bloquaient le passage l’air cet oxygène sensible

en grandissant le sens de l’existence se dessine imparfait et sujet à caution on chemine tant bien que mal on s’aventure dans le ventre du mal on tente l’expérience de la douleur et du renoncement à l’équilibre on s’habitue à être nié on se cherche en ne dévoilant pas la vérité autant de souffles gâchés d’incertitudes séculaires transportées  pour refuser sa raison son devoir pour se faire personne ne nous écoute car nos mots ont de la peine à se concrétiser et la grammaire ni la langue ne sont faciles à manier à 24 ou 36 mois qui peut le comprendre dans la précipitation des jours anxieux qui repoussent le territoire des rêves si loin à des années lumière pour refouler ce qui nous pousse à devenir avant de trouver l’étoile du temps qui nous reconnaît nous adopte ou nous sublime

qui peut avouer simplement sa défaite

 

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