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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 17:13

Trente-sept

 

à Irek Mourtazin

 

Nul ne peut ignorer le temps ni l’histoire

Qui jamais ne recommence à l’endroit

Mais qui louvoie souvent entre le rire et la folie

Les crimes se répètent rarement

Dans la constellation des corrompus

Dire la vérité se paie au comptant

Et aujourd’hui dans le bruit l’on n’est guère entendu

C’est encore plus vrai pour les poètes fragiles

Qui jurent ce qu’ils écrivent

Et leurs vers sont leurs veines

Et les mots leur sang qui les irrigue

Disparu Mandelstam et les rivages poétiques

Les déportés ne connaissent pas l’origine ni la raison de leurs crimes

Ne savent jamais le pourquoi du rendez-vous avec le camp

Mais veille le critique d’état apparenté à la police des lettres

Pasternaken a pris la mesure au fil de ses pages

Et Boulgakov réclame même le droit de se taire

Pour toujours dans l’ailleurs privilège refusé d’un non central

Les poètes sont toujours dangereux dans la valse des comiques

Aujourd’hui en France on préfère oublier Choderlos de Laclos

Et l’on condamne la Princesse de Clèves au repos éternel

Dans le complot du silence et de l’ignorance

Qui seule plaît aux prélats

Par ici Boulgakov revit par dizaine de fois

Et le choix est précis

Ou se taire ou faire semblant

C’est le prix à payer de dire

C’est le destin des poètes qui refusent les chimères

Varlam Chalamov a retenu la leçon pour survivre

Pour ensuite tout dire et écrire

Tout dire et écrire

Pour élever la vérité au rang de la raison

Pour élever la raison au niveau du sang

 

 

Le 30 décembre 2008

 

 

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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 19:04

 

Tous les jours

Je meurs un peu plus

Un peu plus vite

Je meurs de vivre routinier

Dans l’absence de l’élan collectif

Comme prisonnier

D’une prison dessinée par d’autres

Et construite avec nos certitudes

 

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22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 10:40

Je suis si seul dans ce corps

Que rien ne peut résoudre à laisser la partie

Simple ou double

Quelle essence ruine les doigts

Gelés d’une main inexperte

Dans des écritures sordides

 

Je suis seul dans cette vie

Qui me laisse peu d’oublis

Dans la mémoire fusent

Phrases impies

Sacerdoces exclus

La peine et la haine de soi

Au frontispice

Pour cacher les informités les infamies

Que diable n’avoir suivi l’instinct

De mort car la vie pour durer

Ne penche pas très haut dans

La destinée de ce lointain cousin

 

Je suis très seul dans l’ennui

Mon corps baille de toutes

Ses certitudes vainement

Désapprises et vouées au long échec

D’une vie calfeutrée dans l’avenir

Pourri littéralement pourri

Et je ne rougis pas de ma honte

De vivre à partir d’un triste ego

 

Seul très seul dans la calomnie

Des jours abstraits

Pendus au fil du clavier

Recherché comme un détenu en fuite

Puis ignoré bâclé

Comme on termine un odieux procès

On tait

Car on tait

Ce qui ne se comprend pas

 

Comme la découverte d’un temple parmi nous

Un faiseur d’évangiles à genoux

Brisé dans les fêlures de l’ombre

Scarifié sur l’autel des sacrifices urbains

Ecartelé entre la prison moderne qui enferme

Et celle qui ne donne jamais rien

Ni de suite au lendemain

 

Je suis si seul dans ce corps

Que mourir est à désespérer

 

Jean-M. Platier 2010

 

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19 juin 2010 6 19 /06 /juin /2010 09:10

Puisque tout est interdit

 

 

 

 

Puisque tout est interdit

on peut tout se permettre

 

 

Vladimir Vissotsky

 

 

 

Puisque tout est interdit

Comme du temps de Molière

Ou de la Cinquième République

Psychopathe et rigide la France est

Et a toujours été le pays de l’ordre noir

Du silence morbide de la bourgeoisie

 

Comme du temps de Monsieur de Molière d’Ariane Mnouchkine

Qui a émerveillé mon enfance

Pour sortir du monde ouvrier payé aux pièces ou à l’ouvrage

Pour une semaine de 40 heures

Du temps où tout était interdit

Mais certainement moins qu’aujourd’hui

Car aujourd’hui dans l’ordre avancé

Tous les partis syndicats et élus crachent le même mot

La même langue de leur bouche identique corrompue

La même partition inique de l’hypocrite médiocrité

Avec pour mots d’ordre

Guerre à la jeunesse à la vie à la beauté

Guerre à la liberté

Et ils disent en cœur de cul de poule offensée

 

Interdit de parler

Interdit de rire

Interdit de chanter

Interdit de jouir

Interdit de marcher sur les pelouses

Interdit de fumer

Interdit de manger bon et gras

Interdit de muer

Interdit de rouler vite

Interdit de conduire la nuit

Interdit de courir

Interdit de faire du patin à roulettes

Interdit de klaxonner

Interdit de s’embrasser

Interdit de courir après le train

Interdit de ramasser

Interdit de déposer

Interdit d’apprendre par cœur

Interdit de travailler

Interdit d’avoir peur

Interdit d’accueillir à bras ouverts

Interdit d’être amoureux

Interdit de jouer de la musique

Interdit d’écouter du jazz

Interdit de danser à un ou à plusieurs

Interdit de jouer du clairon

Interdit de posséder un coq

De manger du cochon

Interdit de jouer au ballon

Interdit d’accrocher son linge aux fenêtres

Interdit de faire du feu

Interdit de cuir des sardines

Interdit de ne pas dormir la nuit

Interdit de boire du vin des bières

Interdit d’entrer sans cravate

Interdit de se baigner

Interdit de draguer

Interdit de se faire l’amour

Interdit de penser

Interdit de dire la vérité

Interdit d’user de bons mots

Interdit de relever la tête

Interdit de s’opposer

Interdit de défiler

Interdit de n’être pas croyant

Interdit d’être athée

Interdit de se mettre au soleil

Interdit de sauter dans les flaques de pluie

Interdit de pisser dans les glycines

Interdit de ne pas regarder la télé débile

Des chaînes privées et des chaînons publics

Interdit d’entrer

Interdit de boire dans la rue

Interdit de plonger dans l’océan

Interdit de laisser les enfants

Interdit d’être enfin seul

Interdit de sonner après minuit

Interdit de crier à toute heure du jour et de la nuit

Interdit de lire de la poésie

Interdit de ronfler dans le métro puant

Interdit de prendre sa voiture

Interdit de se déplacer gratuitement sur l’autoroute

Interdit de ne pas dépenser son argent

Interdit d’aider son prochain

Interdit d’être solidaire

Interdit de s’amuser dans les bars

D’écouter du banjo du jazz manouche du rock barjot

Du clavecin électrique

Interdit de dénoncer les impostures

Interdit de rire des corrompus

Des possédants ou du directeur du FMI qui gagne 200 000 euros

Par mois m’a-t-on dit le montant est très drôle

Interdit de critiquer les joueurs de football

A plus de 700 000 euros par mois

Interdit de choisir sa vie

Interdit de désirer

De se cultiver

Interdit d’avoir des idées sous peine d’être suspect

Interdit de déranger

Interdit d’être

Interdit de conscription des fois que ça donnerait des idées

Interdit de vivre

Interdit de lire

Interdit d’aimer

Et interdit de rêver

 

Alors qu’eux

Tartuffes en nombre

Roulent en diesel alors qu’ils prônent le naturel

Font le contraire de leurs idéaux

Ne payent rien repas concerts logement

Avec voiture de maître

Alors qu’eux clament

Faites ce que je dis

Mais ne faites pas ce que je fais

En toute discrétion solitaire

Gang bang sauteries légères

Parties fines

Voyages gratuits putes et cocktails alcoolisés

Alors qu’eux dépensent les deniers de la République

Trahissent à tout bout de champ

Communiquent leur lâcheté ordinaire

Jusqu’à ce que les citoyens imposés électeurs clament haut et fort

 

Quand naîtront enfin les nouveaux Saint-Just et Robespierre

Quand le tranchant fera trembler la bourgeoisie de verre

Quand des jeunes reprendront le flambeau des espérances

Quand feront-ils enfin vibrer la France

Balaieront toutes les frontières

Casseront les règlements stupides ignorants

Prévalant le danger de la vie

Sur la conservation des égoïsmes bien particuliers

Quand saurons-nous enfin notre vérité

Quand arrêteront-ils de nous prendre pour des enfants

Naïfs et serviles

Quand ne serons-nous plus méprisés

Comme des esclaves ou des jouets parfois utiles

Quand tous ces Tartuffes baisseront-ils la garde

Quand effacerons-nous ces mirages de nos mémoires

 

Car les Tartuffes ennoblis veulent tout interdire

Le tabac la voiture

La java du samedi soir

Les pains au beurre

La viande rouge

Le bon et le mauvais cholestérol

Les gâteaux à la crème

Les petits câlins

Les gros n’en parlons pas

La cigarette des premières boums

Le petit blanc sec des after

Et le café à toute heure

Ils veulent interdire

Les rassemblements de jeunes

Les fêtes dans la rue

Sauf les pride communautaristes réservées

Où on peut baiser se promener à poil même devant les maternelles

Ils disent toujours que

Sans gêne y a pas de plaisir

Mais ils distribuent les leurres

Des pincées de sable lourd sur les yeux

Car ils mentent comme ils respirent

Car ils trahiront toujours après leur victoire électorale

Et leur nom ne pèse pas bien lourd

Car l’histoire ne retiendra rien d’eux

 

Puisque tout est interdit

La seule et unique liberté qui nous reste

Est la liberté des mots

Tendres durs immoraux manifestes

La seule liberté est celle d’écrire de lire

La liberté de défaire les lois iniques

Car il faut renverser le cours des choses

Détruire l’ordre mafieux pourri

Le déshonneur de la République

Car seule la démocratie directe est juste

Et le crier n’est que justice

 

Puisque aujourd’hui tout est interdit

Que c’en est pire que sous Leonid Brejnev

Ou Louis le quatorzième Louis Seize étant un petit joueur

Car la censure économique est des plus abjectes

Qui détruit pire que l’oppression policière

L’édifice de papier doit être soufflé

Et que soit définitivement nettoyée la posture de l’imposture

La posture des imposteurs

Pour que vibre enfin le souffle de la jeunesse

Celui de la liberté

 

Car nous sommes redevenus des enfants

Qu’il faut protéger à tout prix

Contre nous-mêmes d’abord

Dans cette servitude nouvelle des autocenseurs

1984 gît à nos pieds

En n’étant plus libre

Nous n’aurions plus peur

Piètres aliénés infantilisés

Piètres démocrates affaiblis

Dévorés par les monstres qui stagnent en son sein

 

C’était là mon épigramme assassine

Dont les mots n’ont de trace ni de sang sur les mains

C’était là une épigramme pour la seule révolte

Pour le souffle de la jeunesse et sa liberté

Une épigramme de vérité

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 18:43

Argumentaire

ou

Tout dire sans en avoir l’air…

 

 

 

Le poème Nous vivons des temps d’extrême confusion, paru récemment en feuilleton sur mon blog en 7 épisodes, fut écrit il y a plus de trois ans, à l’occasion d’un projet collectif, qui ne vit d’ailleurs pas le jour… pour ce qui concerne ce texte !

Je n’en garde aucun regret ni aucune acrimonie ; il est plutôt sain d’exprimer à un auteur, à un moment donné, qu’un texte ne peut passer l’étape préalable à la publication. D’ailleurs le plus souvent, faute de temps, il paraît difficile pour des instigateurs de projets éditoriaux de suivre pas à pas chaque auteur et de leur dire ce qui ne va pas, indiquer le point sensible là où il faudrait travailler, pour écrire ou réécrire en totalité ou en partie le manuscrit originel.

 

Et la poésie est un genre où la critique est difficile, du fait du caractère très subjectif de la forme et du fond du poème exposé. Car il s’agit bien d’exposition comme on présente un tableau au regard critique du public. La poésie ne peut se voir bouleverser sans changer son contenu, le fond, la métrique des vers et la scansion des mots projetés comme lancés en plein mur, non pour faire tache, mais pour faire sens.

Car la poésie permet dans une économie de moyens de diffuser les idées, les images, les ambiances en un minimum de place, de mots, phrases etc.

 

Ce texte fut écrit aussi dans un contexte particulier ; politique, national, et international. Les débats dont on nous rebat les oreilles dans les médias officiels masquent la réalité et il me fallait dire des choses importantes, à mes yeux, quitte à ne pas être compris par mes amis proches, qui ne m’ont d’ailleurs pas compris après l’écriture immédiate de ce texte. Fallait-il d’ailleurs qu’ils me comprennent ? Ou qu’ils acceptent ce bilan du début des années 2000, empreintes notamment en France d’une confusion généralisée sur les plans sociaux et politiques…

Mon parcours peut me faire dire que je pressens les dérives historiques et politiques au plan national et international car j’ai travaillé sur ces questions durant mes études et je puis affirmer que d’avoir les outils en tête peut me laisser l’illusion que je peux me risquer à échafauder des hypothèses, à souligner des dangers, des menaces ; et ce sans aucune arrière-pensée ou sans que l’on m’affilie malgré moi à un camp politique que je n’aurais pas choisi.

Ces précautions oratoires prises, ce poème devait déjà exister rien que par le titre.

 

Nous vivons des temps d’extrême confusion est un titre qui me trottait en effet dans la tête depuis de nombreuses années, et devait être le thème d’une revue papier que l’on devait fonder avec des amis qui n’a malheureusement pas vue le jour, faute de temps peut-être, de moyens surtout…

 

J’avais fait le diagnostic que la fin de la Guerre froide, la mort supposées des idéologies, la chute du Mur de Berlin avait entraîné une bouillie idéologique où des camps opposés se trouvaient subitement alliés ; où des dérives sémantiques précipitait des Etats dans des guerres civiles d’un autre temps, que l’Europe était contaminée par des extrémismes et une dialectique qui faisait penser aux années les plus noires du XXème siècle.

 

Enfin et surtout, je condamnais les prises de positions de personnalités politiques soi-disantes progressistes qui voyaient la libération du peuple kurde lors de la dernière phase de la guerre d’Irak comme une oppression, associées aux combats les plus douteux de par l’alliance objective avec les forces les plus rétrogrades, réactionnaires voire fascisantes du Moyen-Orient.

 

Quand en politique on est amené à s’allier avec les pires ennemis imaginables pour lutter en faveur d’une cause censée être juste, c’est un véritable pacte diabolique qui est ainsi conclu et malheureusement nous ne sommes pas encore sortis de cette période de confusion, préalable certain à tous les aventurismes, toutes les guerres et toutes les oppressions.

 

La poésie devait être pour moi ce cri pour dire haut et fort cet état trouble d’un contexte dangereux. La poésie et le poème sont des outils ; encore faut-il qu’ils soient lus…

 

En affichant ce texte d’abord sur ce blog, Journal quotidien d’expression poétique partagée, il me fallait dire et redire pour faire entendre, pour clamer et éventuellement convaincre pour ne pas tomber dans les pièges du sens commun, qui font prendre le plus souvent des vessies pour des lanternes !

 

Ite missa est.

 

Jean-M. Platier

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15 mai 2010 6 15 /05 /mai /2010 19:48

 

  • - 7 -

 

 

 

En dépit de mes exagérations, dépits soudains, égarements, approximations et dégoisements, je veux affirmer ici, aujourd’hui, à l’aube de mes 43 ans, que :

 

je ne suis pas ivre,

 

que j’ai toujours, je dis bien toujours, été sincère même si cela confine au ridicule ou vous fait éclater de rire, un bon gros rire aux éclats ;

 

c’est certainement la seule différence qui nous oppose, vous et moi, car j’ai des principes et je n’ai pas honte de le proclamer ;

 

et vous, quand avez-vous été en accord avec vous-même, entre vos pensées et vos actes, durant ces dernières décennies ?

 

A ma question, une réponse sincère, non ?

 

Je vous laisse le temps de réfléchir avant de repartir.

 

Mais quand ?

 

 FIN

 

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12 mai 2010 3 12 /05 /mai /2010 18:36

 

 

- 6 -

 

 

 

Le peuple n’est jamais dupe ; jamais.

 

A la longue, il ne se trahit pas.

 

Ceux qui l’invoquent ont la triste mine de sombres commissaires.

 

C’est un courant d’eau fort instable.

 

Faible, le plus souvent.

 

Mais parfois violent, indompté.

 

Il se coule dans le silence du présent.

 

Pour se refonder.

 

Et renaître ailleurs.

 

Avec la faiblesse de sa force.

 

Engouffrant l’attaque.

 

L’avalant.

 

Pour mieux l’appesantir.

 

La noyer.

 

Au prix du sang.

 

à l’appel

 

à l’appel

 

à l’appel de mon nom

 

résonne le mot

 

Liberté.

 

 

 

 

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 18:51

 

 

 

- 5 -

 

 

 

Onze minutes après minuit, le sommeil vint

Et la poésie lavait le sang de ses mains

Dans le domaine de la nuit

Entre les Mées et Oraison

Funèbre chemin conquis 52 ans plus tard

Oraison dont le nom des rues portent les noms

Des soldats tués entre 1914 et 18

Combien d’oubliés

Ici entre rêve et réalité

En 2007 calculés du néant

Des postures et des silences

Qui restent les chants de grâce de Pier Paolo Pasolini et

De René Char

 

 

 

Tout dévorer

Nourritures nombreuses et grasses

Nom d’un cochon

Cigarettes à moyenne de trois à l’heure et cigares

Après le dîner

Des vins tous les vins d’Argentine 

Saint Véran au matin Côte Rôtie le midi

Fitou et Madiran le soir

Pour la nuit Cognac Calvados Armagnac

Pour rester assis droit

Boire en riant

De soi de vous d’elles surtout

En dégustant les pieds les doigts les cheveux des femmes

Les faire jouir de la meilleure façon

Tout prendre

Et ne jamais rien laisser

A personne

 

 

 

 

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 19:55

 

- 4 -

 

Chaque bâtiment religieux qui se construit annihile ne serait-ce que l’ombre d’une bibliothèque

 

On a mis du temps et de la constance à repousser l’église en ses territoires d’or de musique et de vêpres le pape et le Vatican sont loin et le concordat signé avec Benito le jambon milanais n’est pas de notre responsabilité historique pour une fois

Laissons un voile pudique couvrir la honte qui nous hante

Ceux qui se proclament pour le progrès vieille antienne de mon camp sont les gardiens des futures prisons de l’âme

 

Nous vivons des temps d’extrême confusion

 

Les valeurs portées par la société télévisuelle du présent culmine au néant Il faut appartenir au lot des reflets cathodiques Et imbécile aussi

 

Des arts le peuple en est définitivement exclu

 

Ma vérité est l’empreinte de ma révolte et ce n’est que Justice

 

Pas à pas la 101ème a rétabli la liberté du peuple kurde

 

 

Je me souviens de cette histoire bressane ; un jeune homme, subitement abandonné par la femme de sa vie, trahit celle qu’il a aimée en la dénonçant à la Gestapo. A la Libération, son père l’emmènera à la chasse aux champignons dans la forêt. Avec une pelle.

Le vieux père brisé est revenu seul de la randonnée dominicale. Il pensait souvent à cette belle-fille juive qui aurait pu lui donner de beaux petits-enfants. L’honneur sauf.

 

 

25 ans de brume ; la politique hachée ; tous les jours, à chaque heure ; les hommes ignorés ; vivre par procuration ; une culture populaire anéantie ; les résistants sont toujours seuls ; ils dorment sur le côté, sur leur bras ; ils dorment toujours.

 

Nos fruits, nos envies ; les quelques livres, nos amours parsemés, nos enfants nés et à naître, et dieu sait s’ils sont nombreux ; ils nous rêvent à chaque nuit ; tels que nous aurions aimés devenir ; nos arbres plantés dans le cœur de cette terre grandissent lentement ; or nous sommes las ; car nous nous sommes tus durant toutes ces années ; avec pour seule ombre le silence de Saint Just.

 

Il faudrait se taire ; plus encore qu’il ne le faut. L’idée est encore prisonnière du sel de la roche. Qui ne l’entend pas forge ses fers.

 

La jeunesse en bande se sait déjà condamnée ; ils se sont vendus pour un blouson ou un téléphone portable ; ce n’est rien puisque tout le monde les ignore ; limite des figurants.

 

 

Comprendre les autres mieux qu’eux-mêmes amène à pardonner ; c’est aussi une incroyable défaite dont le terme est à échéance variable.

 

Chaque propos, explication, argumentaire raisonnement est marqué du même sceau. Inscrit dans la tragédie de la peau. Indélébile à l’eau ; marque sacrée gravée dans le marbre des chairs. Tout renier pour le pouvoir factice.

 

 

 

 

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 19:41

 

- 3 -

 

Dans le vague qui se fracasse devant nos portes le sublime l’emporte sur le doute

 

Nous vivons des temps d’extrême confusion

 

Les lignes brisées faute de convaincre l’archéologie des mots est même devenue poreuse la faillite prononcée et généralisée des valeurs et des slogans les mimiques du désespoir

 

Car tout est faux

 

L’image que l’on nous donne des gens

Les informations quotidiennes passées au prisme de cabinets noirs

Les bons sentiments et la philanthropie généreusement spontanée

L’angle de vue

La projection en temps et en heure

Les traductions

L’absence de recul

La négation d’une démarche historique

Les rumeurs politiques

Les mensonges les coups bas

La stratégie d’instrumenter la vision religieuse du monde

 

Tout est faux

 

Et personne ne peut rétablir la vérité d’un monde vrai autocensuré

Il faut à tout moment être dans le vent

 

Ils sont laids mais ils ont l’air riche avec leur tête de pet

 

 

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